Dans l’industrie, la qualité est un enjeu central. Avant de fabriquer des équipements destinés au transport de gaz, les fournisseurs doivent démontrer qu’ils respectent des exigences techniques, réglementaires et normatifs extrêmement strictes.
C’est précisément le rôle d’un de nos consultants*, ingénieur qualité fournisseur en mission chez GTT Marine via Amaris Group. Depuis près de trois ans, il accompagne des fournisseurs industriels en France comme à l’international dans leurs démarches d’homologation de leurs produits et de suivi qualité.
Entre audits, traitement des réclamations, déplacements à l’étranger et accompagnement terrain, il nous raconte un métier où la technique compte autant que l’humain.
“Le but, ce n’est pas juste de certifier un fournisseur”
Pour commencer, est-ce que tu peux nous expliquer ton rôle chez GTT Marine ?
Je travaille comme ingénieur qualité fournisseur. Mon rôle, c’est d’accompagner les fournisseurs qui veulent être homologués selon les spécifications GTT.
Aujourd’hui, plus de 17 000 solutions maritimes et digitales développées par GTT Marine sont déployées sur des navires opérant à travers le monde. Les fournisseurs doivent donc être homologués sur des spécifications très précises pour pouvoir fabriquer certains composants.
Concrètement, tu interviens à quel moment ?
Sur tout le processus de suivi de fournisseur. L’ingénieur qualité fournisseur intervient principalement dans deux cas, soit auprès d’un fournisseur qui veut accéder au marché des chantiers navals, soit dans le cas d’une non-conformité détectée par les chantiers.
Voilà comment se déroule la phase d’homologation :
- La phase company assessment,
- La préparation et le développement fournisseur.
- La phase d’audit du fournisseur
- Le certificat est délivré au fournisseur.
Donc le but, ce n’est pas juste de “donner un certificat” ?
Exactement.
Le vrai sujet, c’est de maintenir un bon niveau de qualité dans le temps. Même après la certification, il faut continuer à suivre les fournisseurs, analyser les réclamations, mettre en place des actions correctives, éviter que les problèmes se répètent et instaurer une optique d’amélioration continue qui vise à réduire les coûts de non-qualité.
“Une journée type ? Honnêtement, il n’y en a pas”
A quoi ressemble ton quotidien ?
Il y a beaucoup de sujets différents dans une même journée.
On peut avoir des réclamations venant des chantiers navals, des audits à préparer, des revues techniques, des échanges avec les ingénieurs matériaux ou encore des réunions avec les fournisseurs.
Quand tu parles de réclamations, ça veut dire quoi concrètement ?
Par exemple, lorsqu’un chantier détecte une non-conformité pendant la construction, il nous envoie des photos et des informations complémentaires.
À partir de là, on ouvre une réclamation avec le fournisseur. On analyse le problème, on sécurise le chantier, le fournisseur remplace éventuellement la matière concernée puis on travaille sur les causes racines pour éviter que le problème se reproduise.
Donc tu es un peu l’intermédiaire entre les fournisseurs et les chantiers ?
Oui, exactement. On fait le lien entre les fournisseurs, les équipes techniques GTT et les chantiers navals.
“Le plus compliqué, ce n’est pas toujours la technique”
Quand tu audites un fournisseur, qu’est-ce que tu regardes en priorité ?
Ça dépend des procédés et des produits, mais il y a un sujet qui revient souvent : la qualification des opérateurs et des process. On veut vérifier que les personnes qui réalisent les contrôles ou travaillent sur les procédés sont bien formées, bien suivies et réellement qualifiées pour leur poste.
Donc finalement, les problèmes viennent souvent de l’humain ?
La plupart, oui. Les fournisseurs ont parfois du mal à anticiper leurs besoins en personnel. Ils peuvent affecter des opérateurs sur certains postes sans qu’ils aient eu suffisamment de formation ou de pratique. Et ça, dans des environnements industriels exigeants, ça peut vite devenir un sujet critique.
Tu as un audit qui t’a particulièrement marqué ?
Oui, dans mes dernières expériences, je me souviens d’un fournisseur qui refusait de nous transmettre certaines informations liées à la qualification des opérateurs. On demandait simplement à vérifier que les personnes réalisant les contrôles étaient bien formées et suivies. Finalement, on a dû escalader le sujet en interne avant que la situation soit réglée.
“On accompagne des fournisseurs partout dans le monde”
Tu travailles uniquement avec des fournisseurs français ?
Non, pas du tout. Les fournisseurs peuvent être en Europe, en Chine ou en Corée du Sud. Je me déplace régulièrement pour réaliser des pré-audits, des audits de suivi ou vérifier la mise en place des actions chez les fournisseurs.
Tu vois des différences entre les fournisseurs en fonction de leurs anciens secteurs ?
Oui, parfois. Certains fournisseurs qui travaillent déjà pour l’automobile ont des procédures très structurées et des exigences déjà très élevées. D’autres fournisseurs, selon leur secteur d’activité ou leur maturité industrielle, nécessitent davantage d’accompagnement.
“Ce qui me plaît, c’est de voir un fournisseur progresser”
Qu’est-ce qui te motive le plus dans ce métier ?
Le développement fournisseur. J’aime accompagner un fournisseur depuis les premières étapes jusqu’à sa certification, puis le voir réussir à entrer sur le marché et obtenir ses premières commandes.
Tu as un exemple dont tu es particulièrement fier ?
Oui, un fournisseur avec lequel j’ai travaillé dès 2023. Il est un « grand fournisseur », c’est-à-dire qu’il prend en charge la fabrication des panneaux qui sont les grandes plaques assemblées pour construire les bateaux. On a travaillé ensemble sur plusieurs étapes du processus et finalement il a réussi à être certifié sur plusieurs technologies et à se positionner face à d’autres concurrents du marché.
Qu’est-ce que tu leur apportes concrètement ?
On les aide à comprendre les exigences, développer leurs process, à mieux structurer leurs contrôles, à identifier les défauts critiques et à améliorer leurs processus qualité. Le but, c’est qu’ils puissent atteindre le niveau attendu pour intégrer durablement le marché.
“Il faut aimer communiquer”
Selon toi, quelles qualités faut-il pour réussir dans ce métier ?
La communication, clairement. Il faut échanger, poser des questions, vérifier les informations, suivre les sujets techniques et être capable de gérer des réclamations parfois critiques.
Il faut aussi être attentif et à l’écoute pour trouver des solutions adaptées avec les fournisseurs.
Et qu’est-ce que ce métier t’apporte personnellement ?
Le fait de découvrir beaucoup de domaines différents. Selon les fournisseurs et les projets, on touche à des technologies, des procédés et des secteurs industriels très variés. C’est ce qui rend le métier stimulant au quotidien.
Ce qu’il faut retenir
Le métier d’ingénieur qualité fournisseur ne se limite pas à contrôler des documents ou réaliser des audits.
C’est un métier de terrain, d’accompagnement et de coordination, où il faut comprendre les contraintes industrielles, challenger les fournisseurs et maintenir un niveau d’exigence élevé dans la durée.
À travers sa mission chez GTT, notre consultant participe directement au développement et suivi des fournisseurs industriels internationaux.
Propos recueillis par Clémence Romaneix
Chargée de communication chez Amaris Group
*Notre consultant souhaite rester anonyme