Quand nous parlons du nucléaire, nous pensons souvent aux centrales, aux équipements ou aux enjeux énergétiques. Nous pensons moins aux fournisseurs. Pourtant aujourd’hui, une importante partie des problèmes industriels se joue là. Parce qu’un réacteur nucléaire, ce n’est pas une seule usine qui fabrique tout toute seule. Dans “les coulisses”, il y a des centaines de fournisseurs, des milliers de pièces, énormément d’interfaces et surtout des délais qui se tendent de plus en plus.
Le véritable enjeu aujourd’hui, c’est l’industrialisation de la filière nucléaire. Là où il fallait près de 20 ans pour construire une centrale dans les années 2000, EDF signe désormais un EPR tous les 17 mois. Il faut donc tenir les délais, ajuster les productions et automatiser les process. La pression à l’international s’accélère et l’industrie du nucléaire devient un véritable enjeu en France. C’est pourquoi l’expediting a progressivement pris une place essentielle afin de garantir la livraison rapide de produits conformes aux exigences.
Chez Framatome, Orano ou Edvance, les industriels renforcent fortement le suivi fournisseur pour sécuriser leurs délais de fabrication. Et chez Amaris Group, ces sujets sont devenus centraux dans les projets que nous accompagnons.
Derrière un projet nucléaire, il y a surtout une énorme chaîne de fournisseurs
Quand nous parlons d’expediting, beaucoup imaginent une personne qui relance des fournisseurs par mail toute la journée. En réalité, le métier est beaucoup plus complexe que ça.
Prenons un exemple simple : sur un site comme Framatome à Saint-Marcel, les équipes assemblent des équipements énormes, comme des générateurs de vapeur ou des pressuriseurs. Mais toutes les pièces ne sont pas fabriquées sur place. Une bonne partie de ces composants viennent de chez des fournisseurs extérieurs. Et derrière, il suffit qu’une seule pièce manque au mauvais moment pour mettre toute une fabrication en difficulté.
Le rôle de l’expediting, c’est justement d’éviter ça. Concrètement, l’expeditor va chez les fournisseurs, suit l’avancement des fabrications, regarde où ça bloque, challenge les délais et surtout anticipe les dérives avant qu’elles ne deviennent trop critiques.
Parce qu’une fois que le retard est là, c’est souvent déjà trop tard.
Le vrai sujet aujourd’hui, ce n’est pas seulement la technique. C’est la capacité industrielle.
Le nucléaire reste un environnement extrêmement exigeant techniquement. Il y a énormément de contrôles, de validations, de documentation qualité et de contraintes réglementaires. Mais honnêtement, aujourd’hui, l’un des sujets les plus importants que nous voyons arriver , c’est la capacité des fournisseurs à absorber la charge.
Avec la relance du nucléaire, tout le monde augmente ses cadences en même temps les fabricants, les usines, les fournisseurs, les sous-traitants.
Et les fournisseurs qualifiés nucléaire ne sont pas si nombreux…
Dans certains cas, nous ne pouvons même pas changer de fournisseur parce qu’il est le seul qualifié pour produire la pièce. Donc quand il prend du retard, il faut trouver des solutions avec lui. Nous ne pouvons pas juste appliquer des pénalités et passer au suivant comme dans d’autres industries.
C’est aussi pour ça que l’expediting devient stratégique. Nous ne sommes plus uniquement dans du suivi administratif. Nous sommes dans l’anticipation, la coordination, la gestion de risques et parfois clairement dans la gestion de crise.
Souvent, le problème ne vient pas uniquement du fournisseur
C’est quelque chose que nous voyons beaucoup sur le terrain. Quand une fabrication dérive, le réflexe est souvent de dire : “le fournisseur est en retard”. Mais dans les faits, c’est rarement aussi simple.
Parfois, les spécifications changent en cours de route. Parfois, des validations côté client arrivent tard. Parfois, il manque des documents techniques pour lancer une fabrication. Le rôle de l’expeditor, c’est justement de faire avancer le sujet dans les deux sens.
Nous allons chercher l’information chez le fournisseur, mais nous faisons aussi remonter les blocages côté client pour éviter que la situation reste figée pendant des semaines. Et très souvent, ce qui fait la différence, c’est la réactivité.
Quand un sujet commence à dériver, il faut être capable de mobiliser rapidement :
- les achats,
- la qualité,
- les équipes projet,
- les méthodes,
- parfois même le management.
Sinon les semaines passent très vite.
Chez Amaris Group, nous accompagnons ces sujets depuis plusieurs années
Chez AmarisGroup, nous intervenons depuis longtemps sur ces problématiques de suivi fournisseur et de sécurisation industrielle. Nous travaillons notamment avec Framatome depuis plus de dix ans sur des activités d’expediting et de suivi de fabrication.
Quand nous avons démarré, les équipes étaient beaucoup plus petites. Aujourd’hui, elles ont grandi avec les besoins des projets et la montée en charge du nucléaire.
Ce qui fait notre force sur ce type de sujet, c’est surtout notre connaissance du terrain. Nos équipes connaissent :
- les environnements industriels,
- les contraintes nucléaires,
- les fournisseurs,
- les rythmes projets,
- et les réalités opérationnelles des usines.
Et surtout, nous sommes capables d’être réactifs. Dans ces métiers, les clients n’attendent pas juste un reporting. Ils attendent des gens capables de faire avancer les sujets quand ça bloque.
Ce sont des métiers exigeants, mais passionnants
L’expediting, ce n’est pas un métier simple. Il faut être capable de comprendre des sujets techniques, de gérer la pression des délais, de coordonner beaucoup d’interlocuteurs et parfois d’aller challenger des fournisseurs sur des situations compliquées.
Il faut aussi aimer le terrain. Parce que nous passons du temps dans les usines, chez les fournisseurs, en réunion projet ou à gérer des urgences de dernière minute. Mais c’est aussi ce qui rend le métier intéressant. Nous voyons concrètement l’impact de ce que nous faisons sur les projets industriels.
Et aujourd’hui, avec tous les projets nucléaires qui arrivent, ce sont clairement des compétences qui deviennent de plus en plus recherchées.
Une dynamique qui va durer
Ce que nous voyons aujourd’hui en Saône-et-Loire et plus largement dans le nucléaire français, ce n’est pas un simple pic d’activité.Les investissements sont lancés pour plusieurs années :
- montée en capacité des usines,
- nouveaux projets industriels,
- futurs EPR2,
- renouvellement des équipements existants.
Et derrière tous ces projets, il y a un besoin énorme de compétences capables de sécuriser notre industrie, c’est dans ce contexte que l’expediting prend tout son sens.
Pierre, responsable d’agence Amaris Group Lyon