La relance du nucléaire transforme profondément l’industrie. Dans ce contexte, certains métiers, autrefois considérés comme des fonctions support, prennent une dimension stratégique. C’est le cas de l’expediting. Sur les grands projets nucléaires, la montée en charge, la forte sollicitation des fournisseurs et les exigences de qualité et de délais renforcent aujourd’hui le rôle des expeditors. C’est dans cet environnement qu’intervient notamment un plateau d’Amaris Group auprès d’un acteur majeur de l’industrie nucléaire.
Nous avons échangé avec Hichame, consultant en mission chez un acteur majeur du nucléaire en Saône et Loire, pour comprendre comment cette fonction évolue et pourquoi elle devient aujourd’hui un véritable levier de performance industrielle.
D’une intervention ponctuelle à une fonction devenue stratégique
Pendant longtemps, les expeditors intervenaient principalement pour répondre à un besoin précis sur un projet donné. Aujourd’hui, la relance du nucléaire impose un changement d’échelle. Les projets s’inscrivent dans la durée, les fournisseurs sont fortement sollicités et les exigences de qualité comme de délais restent particulièrement élevées.
Dans les missions qu’il accompagne aujourd’hui, Hichame constate que l’expediting intervient de plus en plus en amont et dans la durée. Son rôle ne consiste plus seulement à suivre l’avancement d’une commande : il s’agit d’anticiper davantage, de mieux coordonner les différents acteurs et de sécuriser les approvisionnements sur des projets toujours plus complexes.
Plus qu’un suivi fournisseur, un véritable travail de coordination
L’image de l’expeditor qui relance des fournisseurs est aujourd’hui très éloignée de la réalité du terrain.
« Environ 60 à 70 % de notre travail consiste à communiquer avec les bonnes personnes au bon moment. »
Au quotidien, Hichame échange avec les acheteurs, les responsables qualité, les chefs de projet, les équipes documentaires, les inspecteurs et bien sûr les fournisseurs.
Son rôle consiste à faire circuler l’information, identifier les points de blocage, alerter lorsque cela est nécessaire et trouver des solutions avant que les difficultés ne deviennent critiques.
« Il faut garder la tête froide, prendre du recul et ne jamais personnaliser les problèmes. Ce sont souvent la communication et la coordination qui permettent de débloquer les situations. »
Quand l’expérience permet d’anticiper les risques
L’une des évolutions majeures du métier réside dans son niveau d’intervention. Aujourd’hui, Hichame ne se contente plus de suivre les commandes une fois qu’elles sont lancées.
« J’interviens dès les premiers échanges avec les fournisseurs. Je regarde les plannings, les contraintes contractuelles, les capacités de production. L’objectif est d’identifier les risques avant même que la fabrication ne démarre. »
Cette approche préventive permet d’éviter de nombreuses dérives.
« Il n’y a rien de pire que de démarrer un projet avec des hypothèses dont on sait déjà qu’elles ne seront pas tenues. »
L’expérience industrielle joue ici un rôle déterminant. Après plus de vingt ans passés dans des fonctions aussi variées que la qualité, les achats, le management de projet ou l’amélioration continue, Hichame dispose aujourd’hui d’une vision globale qui lui permet de détecter rapidement les situations sensibles.
Un plateau d’Amaris Group qui favorise le partage d’expérience et l’amélioration des pratiques
Le fonctionnement en plateau permet de réunir des consultants aux parcours et niveaux d’expérience complémentaires. Au-delà de leurs missions opérationnelles, ils peuvent ainsi partager leurs retours d’expérience, confronter leurs pratiques et faire émerger de nouvelles façons de suivre l’activité.
« Aujourd’hui, on nous demande souvent d’aller au-delà de notre mission initiale. Nous proposons des indicateurs, des tableaux de bord, des axes d’amélioration et de nouvelles façons de suivre les projets. »
Cette dynamique se traduit concrètement par le partage des bonnes pratiques au sein du plateau, l’accompagnement des profils les plus juniors et la proposition d’outils ou de méthodes issus de l’expérience terrain des consultants.
Le plateau permet ainsi de capitaliser sur les expertises individuelles et de les mettre au service du collectif, tout en accompagnant la montée en charge des projets.
Une expertise qui fait la différence sur les projets les plus sensibles
Cette approche prend tout son sens sur les projets les plus critiques. Hichame évoque notamment une mission de suivi auprès d’un fournisseur stratégique impliqué dans un arrêt de tranche. Après avoir identifié plusieurs facteurs de risque très en amont, il met en place un suivi renforcé : réunions hebdomadaires avec les équipes projet et le fournisseur, implication des différentes parties prenantes et suivi rapproché jusqu’aux premières livraisons. Selon Hichame, cette anticipation a permis de tenir les échéances prévues.
« Notre valeur ajoutée ne se mesure pas uniquement lorsqu’un problème survient. Elle se mesure surtout lorsque les risques ont été identifiés suffisamment tôt pour que le projet continue d’avancer sereinement. »
Les qualités d’un expeditor ne se limitent plus à la technique
Si les compétences techniques restent indispensables, elles ne suffisent plus.
Selon Hichame, un bon expeditor doit avant tout faire preuve de curiosité, d’ouverture d’esprit, de patience et de diplomatie. Il doit comprendre les contraintes des achats, de la qualité, des fournisseurs comme des équipes projet, tout en gardant une vision globale des enjeux industriels.
Autant de qualités qui illustrent l’évolution de cette fonction.
L’expeditor d’aujourd’hui ne se contente plus de suivre un planning. Il contribue à faire travailler ensemble, l’ensemble des acteurs d’un projet industriel, afin de sécuriser les délais, la qualité et la performance globale des opérations.
Propos recueillis par Clémence Romaneix,
Chargée de communication d’Amaris Group