Quand on pense aux grands projets industriels, on imagine souvent les ingénieurs, les chefs de projet ou les équipes terrain. Mais derrière chaque décision, chaque budget validé et chaque orientation stratégique, il y a aussi des femmes et des hommes qui analysent les données, suivent les coûts et permettent aux projets de garder le cap.
Nous avons échangé avec Nalini, cost controller chez Amaris Group, qui intervient depuis plusieurs années sur des projets industriels d’envergure dans le secteur nucléaire.
« Mon rôle, c’est d’aider les chefs de projet à prendre les bonnes décisions »
Pour commencer, peux-tu nous expliquer ton métier ?
Je suis cost controller, ou contrôleur de coûts projet. Mon rôle consiste à suivre les budgets des projets, analyser les dépenses et fournir aux chefs de projet les informations dont ils ont besoin pour piloter leurs activités. En réalité, nous sommes un peu les partenaires des chefs de projet. Nous leur apportons une vision financière qui leur permet de prendre des décisions éclairées.
Concrètement, comment cela se traduit au quotidien ?
Nous suivons les coûts, nous réalisons des reportings, nous analysons les écarts entre ce qui était prévu et ce qui a réellement été dépensé.
L’objectif n’est pas simplement de produire des chiffres. Il faut comprendre ce qu’ils racontent et expliquer pourquoi certaines dépenses évoluent, quels sont les risques ou quelles opportunités peuvent apparaître.
« Derrière les chiffres, il faut comprendre le projet »
Tu as travaillé sur plusieurs projets nucléaires. Est-ce que le métier reste le même d’une mission à l’autre ?
Les bases restent les mêmes, mais chaque projet est différent.
À La Hague, je travaillais sur des projets de démantèlement. À Châtillon, j’intervenais sur plusieurs projets de recherche et développement liés à l’optimisation des opérations de démantèlement. Puis j’ai rejoint Framatome sur des projets encore différents. Ce qui change surtout, c’est l’environnement. Chaque client possède ses propres méthodes, ses outils, son vocabulaire et sa façon de piloter les projets.
Finalement, le plus difficile n’est pas forcément la partie financière ?
Non. Le plus important est de comprendre l’activité. Si on ne comprend pas ce que produit l’entreprise, comment fonctionne le projet ou quels sont les enjeux techniques, on ne peut pas produire une analyse pertinente. Même lorsque le métier reste le même, il faut toujours appréhender un nouvel environnement.
« J’aime rendre les choses plus simples pour les équipes »
Y a-t-il une réalisation dont tu es particulièrement fière ?
Oui. Chez Framatome, j’ai développé plusieurs outils Excel qui ont permis aux chefs de projet d’obtenir rapidement les informations dont ils avaient besoin. L’idée était de récupérer automatiquement les données, de les consolider et de rendre les analyses beaucoup plus lisibles. Finalement, les équipes gagnaient du temps et pouvaient se concentrer davantage sur leurs décisions plutôt que sur la recherche d’informations.
Qu’est-ce qui te plaît dans ce type de projet ?
J’aime justement cette idée d’aider les autres. Quand un chef de projet me dit qu’il comprend mieux son activité grâce à un tableau ou à une analyse que j’ai construit, je sais que mon travail a été utile.
« Chaque mission m’a permis d’apprendre quelque chose de nouveau »
Tu as connu plusieurs missions chez Amaris Group. Qu’est-ce qui t’a le plus apporté ?
Chaque mission m’a permis de progresser. À La Hague, j’ai découvert le métier. À Châtillon, j’ai gagné en autonomie et travaillé sur plusieurs projets en parallèle. Chez Framatome, j’ai développé davantage mes compétences sur Excel et sur l’analyse financière.
À chaque fois, j’ai appris de nouvelles méthodes et découvert de nouveaux environnements industriels.
C’est aussi pour cela que tu as choisi le consulting ?
Oui. J’aime changer régulièrement d’environnement, découvrir de nouveaux projets et continuer à apprendre. Les missions durent suffisamment longtemps pour que l’on puisse s’intégrer aux équipes et monter en compétences. Mais quand elles s’arrêtent, ou que l’on émet le souhait de changer, cela permet de découvrir autre chose et d’éviter la monotonie. C’est un équilibre qui me plaît beaucoup.
« Il faut aimer comprendre et analyser »
Quelles qualités faut-il selon toi pour réussir dans ce métier ?
Il faut aimer les chiffres, bien sûr. Mais il faut surtout être curieux.
Un cost controller ne peut pas se contenter de regarder des tableaux Excel. Il doit comprendre les projets, les activités et les enjeux des équipes avec lesquelles il travaille. Il faut aussi être rigoureux, organisé et avoir envie de simplifier la vie des autres.
Ce qu’il faut retenir
Le métier de cost controller joue un rôle clé dans la réussite des projets industriels.
À travers ses analyses, ses reportings et les outils qu’elle développe, Nalini aide les chefs de projet à piloter leurs activités et à prendre les bonnes décisions au bon moment.
Un métier où les chiffres ne sont finalement qu’un point de départ pour comprendre, anticiper et accompagner les projets.
Propos recueillis par Clémence Romaneix, chargée de communication d’Amaris Group